au revoir

 

sous la muselière des dernières secondes

pour des raisons obscures

je t’ai parlé

mes lèvres attirées par une force magnétique

sur le métal de ta peau

j’ai cherché à caler mon visage sur le tien

je tenais d’une main mon sac de larmes

et de l’autre le cerf-volant qui t’emmènerait

mes mains en voûte immense sur les tiennes

j’ai eu 10 ans sous ton regard

mon ciel se perçait à chaque souvenir

tu as ri de mes bêtises de petite fille

avec la générosité des anges

à perte de toi

chancelante tu donnais encore l’amour

dans l’immobilisme de la chambre

une scène d’adieux préméditée

me collait sur la langue le miel de l’enfance

j’étais venue te dire merci

j’ai

laissé

faire

le

fer

rouge

du

chagrin